DOCUMENTO N.6
Corrispondenze varie inerenti l'Autoritratto degli Uffizi
del 1790 di Elisabeth Vigée Le Brun:
Lettera di Elisabeth Vigée Le Brun per Hubert Robert inerente
all’esposizione dell’Autoritratto per gli Uffizi a Roma, originale alla Bibliothéque
Jacques Doucet di Parigi, in Papiers Tripier Le Franc, Carton 52, Dossier
II, citata in MUNTZ, 1874-75.
Comme je ne doute pas
de votre intéret a tous pour moi vous saurez donc vous aussi que mon tableau
pour Florence a le plus grand succes. J'aurais l'air de fatuité si je vous
explique les détails de sa pleine réussite; c'est au point que jamais de ma
vie, je n'ai été encouragée a ce point ; j'en jouis d'autant plus que les
Romains n'accordent presque rien à notre école (c'est bientot dit, mais enfin
ils ont pour moi ce qu'ils n'ont jamais eu [sic], le plus grand enthousiasme);
tous les artistes sont venus, revenus. Les princesses de toutes les nations,
les hommes de meme, enfin c'est au point que depuis dix jours, mes matinées se
comptent par 60, 80 personnes de tout rang et de tout état, on m'appelle Mme
Van Dyck, Mme Rubens, d'autres encore plus haut; c'est a n'en pas finir ; je
recois des vers pleins de louange. On veut que je reste longtemps à Rome;
Naples où je suis aussi attendue veut aussi avoit de mes barbouillages; tout
cela ne me rend pas plus vaine; vous me connaissez bien pour croire que je
m'enorgueillasse [sic] de ce succes; il m'a étonné, encouragé, voilà tout.
Lettera del 3 Marzo 1790 da Ménageot a d’Angiviller, sull’Autoritratto
di Elisabeth Vigée Le Brun per gli Uffizi, in MONTAIGLON - GUIFFREY, 1906, 15:
401, 403, 413.
Mme Le Brun
vient de finir son portrait pour la galerie du grand-duc à Florence; c’est une
des plus belles choses qu’elle ait faites; j’ai trouvé qu’elle avoit encore
beaucoup acquis depuis mon départ de Paris. Ce tableau étonne toutes les
personnes qui l’on vue jusqu’à présent; on n’avoit pas à Rome l’idée d’un
talent de ce genre. (…) Le tableau que Mme Le Brun vient de finir a le succès
le plus complait; ce n’est qu’une voix dans tout Rome qui est dans l’admiration
de son talent et qui met ce portrait au rang de plus belles choses; cela
justifie la réputation qui l’avoit devancé et dont on pouvoit peut-etre douter,
parce qu’on suppose volontiers de l’exagération dans les éloges qu’on fait des
talents d’une femme aimable; mais cecy ne laisse point d’équivoque, car les
Romains ne sont pas louangeurs et surtout pour les étrangers. (…) L’Académie de
Saint-Luc lui a fait une députation et lui a envoyé des lettres de réception
sur le brillant succés de ce tableau, hommage bien flateur pour cet artiste, et
également honnorable pour sa patrie et pour son sexe.