DOCUMENTO N.11

Dalla critica del Salon de l’Académie Royale del 1783:

M. de Miramond, Vers à Madame Le Brun, de l’Académie Royale de Peinture, sur les principaux ouvrages, dont elle a décoré le Sallon cette année,

 in Collection Deloynes, Paris, Bibliotheque Nationale, Cabinet des Estampes, vol.XIII, n.308, pp. 3-6.

Si le trone embelli t’offre un digne modèle,

Que des traits enchanteurs sont bientot reconnus!

A l’orgueil d’Alexandre il fallait un Apelle:

C’est le Brun qu’il faut à Vénus.

(…)

Combien de tes couleurs le savant artifice

Releve encore les appas

De la Divinité propice,

Qui chasse loin de nous le Démon des combats.

Plus de sang, de pleurs, ni d’alarmes:

A ses pieds déposons nos armes:

On n’est heureux que sous sa loi.

Mais je vois l’Abondance: à l’aspect de ses charmes,

Dieu! que le calme est loin de moi!

(…)

Pour des traits mensongers, pour une image vaine

Qui jamais éprouva de semblables fureurs?

Si j’ai pu sur ma tete attirer ta vengeance;

Vénus, j’implore ta clémence:

Eteins de funestes ardeurs.

(…)

La Déesse parait. A sa beauté céleste,

Que l’on reconnoit bien la mere de I’Amour!

Mais I’auguste Junon va se parer du Ceste:

Junon peut sur Vénus l’emporter en ce jour.

Trop heureux Maitre du tonnerre!

Si je pouvais.... osons lui déclarer la guerre...

Insensé! fuis plutot de perfides objets.

D’un art imitateur dangereuse imposture!

Pour séduire, en pinceaux l’Amour change ses traits.

Que Junon de Vénus emprunte la ceinture;

Le Brun (j’ai pour garant ton chef-d’œuvre divin)

De charmer elle est bien plus sure,

En la recevant de ta main.